HannieSchaft

Trois jeunes filles dans la guerre

Hannie, Freddie, Truus

 

 

Le 17 avril 1945, Johanna Schaft, connue par son surnom, Hannie,  est accompagnée dans les dunes de  Bloemendaal, près de Haarlem,  par deux fonctionnaires hollandais, collaborateurs des nazis. Le petit groupe s’arrête. L’un des deux hommes sort son arme et tire. Le coup n’est pas fatal. Hannie aurait eu le temps de dire : « Je tire mieux que toi ». Le deuxième homme l’achève.

Trois semaines plus tard, la fin de la guerre était proclamée. 

 

 Hannie avait 24 ans et comme nombre de ses camarades étudiants  avait refusé de signer un acte d’allégeance aux nazis. Elle avait été obligée d’abandonner l’Université et s’était engagée dans la résistance.

Sa famille cache des juifs allemands ou hollandais qui tentent de fuir les nazis. Elle vole des cartes d’identité pour les aider. 

Mais très vite, elle ne se contente plus de ces « petites » actions ou de porter des messages, elle participe à des sabotages et à à des attaques contre les Allemands et les collaborateurs hollandais. Pour cela, elle apprend l’allemand qu’elle finit par parler couramment.

 Les Allemands la repèrent par sa chevelure et la surnomme « la fille aux cheveux roux ». Bien qu’elle se soit teint les cheveux en noir elle est arrêtée le 21 mars 1945 alors qu’elle distribuait des tracts. 

Emprisonnée et torturée pendant un mois, elle sera exécutée malgré l’accord conclu entre La Résistance et les Allemands, qui s’étaient engagés à ne plus commettre d’actes meurtriers jusqu’à la fin des hostilités que chacun savait proche. 

Après la guerre, on découvrit les corps de 422 résistants exécutés parmi les dunes. 421 hommes, une femme, Hannie Schaft.

 

 

Freddie

Hannie n'avait pas tardé pas à rencontrer les sœurs Oversteegen, Freddie et Truus l’aînée. Toutes les deux avaient une quinzaine d’années. Comme Hannie, elles portaient des messages,  des armes et des munitions. Comme elle, elles avaient le désir d’aller plus loin. 

Ainsi, elles furent entraînées rapidement au maniement des armes, et engagées dans les missions les plus audacieuses :  Freddie abattait les cibles qu’on lui désignait, assise sur le porte-bagage du vélo que dirigeait sa mère !

L’une de leurs première missions fut de détourner l’attention des gardes postés devant un entrepôt que leurs camarades se chargeaient de garnir d’explosifs. 

Cette séduction mortelle réussit si bien qu’elle en firent une espèce de spécialité. A ce moment Hannie Schaft se joignit à elles. 

Elles séduisaient des soldats allemands, leur proposaient de s’éloigner pour faire un tour… Truus, un soir dans un restaurant séduisit un gradé SS et lui proposa une balade dans les bois environnants … où il fut abattu par un résistant. 

 

Après la guerre, on célébra le souvenir d’Hannie par des commémorations nationales. Mais Hannie Schaft était communiste, comme ses deux amies et la guerre froide opposait farouchement l’Est et l’Ouest dans ces années 50. La commémoration fut interdite. Et c’est bien plus tard que des rues, des écoles portèrent le nom de la jeune résistante assassinée.

Sculpture de Truus

Truus devint une artiste renommée pour ses sculptures.

 

Dans l'esprit de Freddie, la guerre et la peine sont restées présentes jusqu'à la fin de sa vie. Tardivement, Freddie "a commencé à parler de ses expériences de guerre, s'ouvrant aux réalisateurs de documentaires Hoornstra et Thijs Zeeman pour leur film Two sisters in the Resistance (2016)" (The Guardian)

 

 

 

 

Stamps_of_Germany_(DDR)_1962,_MiNr_0883

 

 

 

Sources

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_freddie-oversteegen-la-femme-qui-seduisait-les-nazis-pour-mieux-les-assassiner?id=10024420

https://www.theguardian.com/world/2018/sep/23/freddie-oversteegen-dutch-teenager-who-resisted-nazis