femmes et partis politiques

Petit manuel pour débutants politiques

 

 

Il n’est pas primordial d’avoir des idées neuves pour réussir en politique. Suffisamment de théoriciens ont pensé les questions sociales et économiques pour qu’il ne soit pas utile d’ajouter une pierre à cette muraille de Chine. Le tout est de s’entourer de collaborateurs efficaces.

 

Par contre, il est indispensable d’avoir des pensées claires sur la question de la prise de pouvoir, comme on disait à l’époque où on croyait que la société pouvait vraiment et rapidement changer. 

 

Il s’agit aujourd’hui plus simplement de dominer la machine médiatique pour gagner les élections. Il ne sera pas question ici de violence, puisque des appareils d’Etat totalitaires fleurissent désormais grâce à des élections démocratiques sous le nom de « démocratures », régimes, qui par le charme d’un discours publicitaire évitent les violents recours aux Techniques du coup d’état, pour citer Curzio Malaparte.

 Bref, la propagande, recyclée glamoureusement en communication politique ouvre ses bras à qui veut danser.

 

1             Faire simple et percutant, si possible.

 

Quel que soit votre projet politique, quel que soit celui de vos adversaires, n’accablez pas les électeurs potentiels de chiffres ou d’idées complexes et multiples. Faire simple est la règle du succès.  

Mots d’ordre faciles à retenir, slogans entraînant, phrases choc. 

 

« Dix ans, ça suffit « disaient les manifestants de mai 68 en parlant du général de Gaulle au pouvoir depuis 1958. Slogan en deux parties bien segmentées de deux et trois syllabes. Efficace. 

Tout comme le « CRS : SS » des mêmes manifestants en trois et deux syllabes, agrémentés d’une rime sifflotant comme un serpent.

 

Plus court encore le « Yes, we can! » [oui, nous le pouvons ! ]de Barack Obama, toujours en deux temps, et

Nous aimons Eisenhower ( Ike)

 

us army

trois monosyllabes, candidat à l’élection de 2009, qui de plus a l’intérêt d’englober le locuteur dans le discours par le « nous »

 

On a là des slogans presque dansants. 

Différents sont les propos qui supposent une argumentation plus ou moins forte.

« Travailler plus pour gagner plus », toujours en deux temps mais qui présente une relation forte cause-conséquence qui masque ce qui est sous-jacent : ce n’est pas par la lutte sociale que vous améliorerez votre sort…

 

« Moi Président,… » annonçait François Hollande en 2012  devant un Nicolas Sarkozy, muet (voir les commentaires sur la page Wikipedia)

 

« Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée

Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.

Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien ».Etc., etc.

Tous les commentateurs ont souligné  la répétition en début de phrase (anaphore, dans la rhétorique classique). Mais le plus intéressant, comme d’habitude est dans ce qui n’est pas dit. Ces phrases sont incomplètes : la première partie laisse dans l’ombre la forme verbale « quand je serai ». En effet, le futur annonce une action à venir, donc soumise aux aléas des événements. Il introduit un doute que supprime prestement la formule choisie.

 

 

Un débat de sept ans…

En 1974, le débat oppose Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand. Giscard, ministre des finances, doit surtout éviter de passer pour un politique technocrate  et, dès qu’il le peut, assène cette diatribe  qui fait mouche : « Je vais vous dire quelque chose. Je trouve choquant et blessant de s’arroger le monopole du cœur. Vous n’avez pas le monopole du cœur, vous ne l’avez pas. » 

François Mitterrand, curieusement flottant, bredouille  « Sûrement pas... » (…) Giscard enfonce lourdement le clou : « Vous n’avez pas le monopole du cœur. Et ne parlez pas aux Français de cette façon si blessante pour les autres, Monsieur Mitterrand. Personne n’a le monopole du cœur, personne n’a le monopole de la justice.»    

Sept ans plus tard, les deux hommes se retrouvent. Mitterrand n’a pas oublié l’humiliation. Et dégaine rapidement : « À une attaque de Valéry Giscard d'Estaing, qui voit dans son adversaire un « homme du passé», un argument qu'il avait déjà utilisé sept ans auparavant, François Mitterrand répond sèchement : «Vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu, vous, l'homme du passif ».

Beau jeu de mots. Election gagnée par F. Mitterrand , malgré les 700 000 voix d’avance de son adversaire au premier tour.

 

laguiller; une affiche un peu confuse

Malheureusement, tous les mots d’auteur n’ont pas la même gloire et certains connaissent une fin ricanante.

On se souvient de la formule « la boîte à outils, utilisée lors d’un entretien avec David Pujadas : « Tous les outils sont là", dit le président Hollande au début de l'entretien. "J’ai le devoir de faire sortir la France de la crise et donc, je vais y mettre tous les moyens. Je vous ai dit, déjà, toute la boîte à outils." 

L’expression ne tarde pas à amuser et à convaincre que son auteur est bien capable de planter une vis et de visser un clou…

 

De même, le « choc de simplification » vanté par le même président manque de clarté. 

pas très clair !

 

Lisons l’article Choc du Dictionnaire Larousse en ligne qui souligne « l’émotion violente et soudaine qui frappe quelqu'un dans sa sensibilité, son psychisme », etc. 

Ou encore le « syndrome clinique (…)  se caractérisant par un état d'agitation ou de torpeur (…) impliquant obligatoirement un traitement d'extrême urgence par des équipes médicales spécialisées. »

Et pour ce qui concerne l’aspect psychologique : « Attitude momentanée de stupeur d'un sujet (…) qui se manifeste par sa difficulté à répondre à la consigne proposée par le psychologue. 

En bref, l’expression donne plus de crainte que d’espérance !

 

Emmanuel Macron a fortement insisté sur les mérites du « premier de cordée » supposé mener l’équipe qui le suit vers des sommets vertigineux.

C’est oublier que le premier est seul à récolter les mérites et, dans le vécu d’innombrables auditeurs, les derniers du fond de la classe, sont innombrables à récolter les avertissements, les rappels à l’ordre, etc.

 

 

 

 

changeons tout

 

communisme paix éternelle

 

Couteau entre les dents

 

élections piège à cons

 

power to the people

 

 

 

 

 

 

 

É

 

FAIRE SIMPLE, MAIS...

NE PAS OUBLIER CETTE  PRISE EN COMPTE DE LA BÊTISE DONT L'AUTEUR A PROUVÉ SA CAPACITE DE NUISANCE :    

                                     "TOUTE PROPAGANDE DOIT ETABLIR SON NIVEAU INTELLECTUEL               D'APRES LA CAPACITE DE COMPREHENSION DU PLUS BORNE PARMI CEUX AUXQUELS ELLE S'ADRESSE". 

                    ADOLF HITLER, MEIN KEMPF

 

A venir :      

                      2 Epurer puis rassembler

                      3 Affichez-vous !

                     4 Parler, parler, parler...

                     5 Attaquer

                     6 Aménager le réel : les faits alternatifs