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Charles VII (1403-1461)

Charles VII; Jean Fouquet

 

 

 

 

 

 

Agnès Sorel (1422-1450)

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Séjournant  quelques mois à Saumur lors d'une trève conclue avec les Anglais, Charles VII "se prit à aimer une assez jolie garce qu'on appelait vulgairement la belle Agnès Sorel" écrit l'évêque Thomas Basin.

Agnès Sorel est la suivante d'Isabelle de Lorraine. Elle passa vite, à la demande du roi au service de la reine Marie. Le chroniqueur officiel Alain Chartier précise que leur liaison est si discrète que "jamais en public, le roi ne la toucha en dessous du menton". Mais le roi est trop amoureux et Agnès devient "dame de Beauté", du nom du château de Beauté-sur-Marne qu'il ne tarde pas à lui offrir. 

Charles VII la couvre de diamants, donne des fêtes somptueuses en son honneur. "Il est enflammé pour elle à ce point qu'il ne pouvait supporter qu'elle lui manquât un instant, à table, au lit, au conseil". Elle prend néanmoins  le temps de poser pour Fouquet qui la peint en Vierge à l'enfant, son fort beau sein gauche largement dénudé.

La favorite ne manque pas d'enrichir sa famille des largesses royales. Elle-même dépense sans compter, et entend lancer des modes dispendieuses et provocantes. Elle subit les foudres de l'évêque Jouvenel des Ursins qui avertit le roi que sa maîtresse va lui attirer la haine du peuple et la colère de Dieu.

Elle a le mérite d'entourer le roi de conseillers efficaces, dont Jacques Coeur. Son seul ennemi, le dauphin (futur Louis XI)  lui tient tête et  s'autorise à la gifler en public: le roi obligera son fils à quitter la cour..

Elle meurt, enceinte, à 28 ans, épuisée par le voyage qui l'a menée auprès du roi, qui ferraille à nouveau contre les Anglais. Ses enfants, légitimés, compteront dans la lignée des Valois.

 

 François Ier (1494-1547)

 

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 Françoise de Chateaubriant (1495-1537)

 

Madame_chateaubriant_foix_gLe comte de Chateaubriant, marié à la belle Françoise de Foix, lui avait toujours interdit de se rendre à la cour d'Amboise. Cependant, un signe convenu entre eux était que si un messager lui apportait une bague, elle devrait accourir sans tarder. François Ier aurait eu vent de ce secret et aurait fait venir la jeune femme à la cour, sans demander l'autorisation au mari !

Clément Marot disait d'elle : femme "de grande beauté, de grâce qui attire, de bon savoir, d'intelligence prompte...". Elle finit par céder aux désirs et à l'amour du roi. Le mari en conçut du dépit mais après des accès de colère qui le virent l'épée à la main, décidé à transpercer l'infidèle, les menaces royales assorties de copieuses largesses, le rendirent très complaisant.

C'était la première fois qu'une favorite était de si haute naissance. Elle présidait aux fastes de Fontainebleau, brilla au Camp du Drap d'or où le roi voulut éblouir Henri VIII d’Angleterre.

 Vaincu à Pavie en 1524, François Ier est emprisonné par Charles-Quint à Madrid. Françoise en est désespérée et lui envoie des lettres enflammées :

"Las, si le coeur de ceux qui ont puissance

De vouloir donner très brève délivrance

Pouvaient savoir quelle est notre amitié

Je crois, pour moi, qu'ils en auraient pitié"

 Pour retrouver la liberté le roi s'engage à donner ses deux fils en otage ... et à épouser la soeur de Charles-Quint, mariage de raison qui ne trouble pas Françoise! 

Mais la mère du roi, la détestait et "formait" une jeune dame de sa suite, Anne de Pisseleu, pour  séduire le roi et rompre une liaison de dix ans. Anne, future duchesse d'Etampes, blonde aux yeux bleus évinça donc la brune Françoise retirée en Bretagne qui refusa d'être la favorite en second, ce que le roi  aurait vu d'un bon oeil.

Sous l'influence de la duchesse, le roi réclama les bijoux offerts à Françoise, bijoux gravés de devises amoureuses. Françoise les renvoya, fondus en lingots accompagnés de ces mots: " les devises, je les tiens gravées en ma pensée et n'ai pu permettre que personne en disposât que moi-même". 

Honteux, François Ier lui rendit les lingots.

 

Séjournant en Bretagne en 1532, le roi resta un mois à Chateaubriant et les deux amants s'en donnèrent à coeur joie... Le mari de Françoise en fut fort marri et le cocu aurait séquestré sa femme dans sa chambre tendue de draperies noires jusqu'au jour où il l'aurait fait égorger par ses sbires. 

Mais il s'agit peut-être d'une légende puisque Marguerite de Valois, soeur du roi, témoigna de la peine du mari à la mort de son épouse.

 

La duchesse d'Etampes (1508-1580)

duchesse d'etampes

 La  liaison d'Anne de Pisseleu avec le roi dura 21 ans. François la maria au duc d'Etampes dont il se débarrassa en le nommant gouverneur de Bretagne. Vive, mais aimant trop la flatterie, les bijoux et les terres que le roi ne savait lui refuser, elle était à la cour "la plus belle des savantes et la plus savante des belles". 

Dès la mort de François, son successeur, Henri II lui enleva une partie de ses domaines pour les offrir à sa maîtresse, Diane de Poitiers. Et son mari, dont elle supporta la jalousie tardive pendant 18 ans, lui intenta un procès pour récupérer ce qu'elle possédait encore ...

 

 Henri II (1519-1559)

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Diane de Poitiers (1499-1566)

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 Mariée à Louis de Brézé, petit-fils d'Agnès Sorel et de Charles VII, bossu, âgé de 56 ans mais fort riche, Diane mena avec son vieux mari une vie bien sage.

En 1526, elle accompagna les deux enfants de François Ier à Bayonne où ils furent échangés contre leur père. L'un d'eux, Henri, 7 ans, futur Henri II était désespéré de quitter sa famille. Diane le consola, lui fit une bise. Revenant en France 4 ans plus tard le garçonnet était toujours fou dingue de la belle et opulente Diane qui entretenait sa ligne par une douche froide tous les matins suivie d'une cavalcade dans la forêt. Et quand François lui confia que son petit avait l'air morose, elle répondit qu'elle en faisait son affaire... Entre temps le vieux Brézé était mort et Diane bénéficiait d'une réputation de veuve intouchable.

On maria Henri II pour ses 14 ans à Catherine de Médicis ...  il ne désirait que Diane. Montmorency, premier ministre et ancien ami de Brézé fit comprendre à Diane l'intérêt d’une intimité étroite avec le futur roi.

 Et "la belle des belles", comme on la surnommait, passa des bras du grand-père de Brézé à ceux de l'adolescent Henri. Ce fut en 1536 au château d'Ecouen, propriété de Montmorency. Henri était aux anges, s'habillait des couleurs de sa dame -noir et blanc-,  créait un monogramme où s'entrelaçaient les initiales de leurs prénoms.

monogramme HenriII

Les amants étaient discrets  et seule la duchesse d'Etampes vit en Diane une rivale dangereuse, tandis que Catherine de Médicis, qui mettra dix ans à donnerun héritier à Henri, craignait d'être répudiée. 

A la mort de son père, Henri II suit la tradition dynastique: il offre à Diane les bijoux et les terres de la duchesse d'Etampes. Le château de Chenonceau en fait partie. Devenue duchesse de Valentinois, elle règne ... aux côtés de Catherine de Médicis, folle de jalousie, qui va jusqu'à faire percer un trou dans la chambre des amants pour comprendre ce que son mari lui trouve...

Les deux femmes savent se tenir: Catherine se rend à Chenonceau et Diane engage le roi à se comporter en mari. La reine en profita pour faire dix enfants.

Son influence politique est manifeste et elle incite le roi, toujours passionnément amoureux, à une politique impitoyable contre les protestants. Ambition et cupidité la caractérisent.

Brantôme ne la porte pas dans son coeur : "il faut que le peuple de France prie Dieu qu'il ne vienne jamais de favorite du roi plus mauvaise que celle-ci, ni plus malfaisante".

En juin 1559, Montgomery, au cours d'une joute plante sa lance dans l'oeil du roi qui meurt dix jours plus tard. Catherine de Médicis sut se venger, exigea les biens de la favorite, ses bijoux et même sa vie. Les Guise, liés à sa famille, la sauvèrent ...pour conserver un héritage toujours substantiel. Néanmoins, elle dut rendre Chenonceau..

Exilée, elle vécut à Anet et se consacra à des oeuvres pieuses jusqu'à sa mort le 25 avril 1565.

 

Henri IV (1553-1610)

 

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 Corisande de Gramont (1554-1620)

 

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Après Fleurette, fille du jardinier de Nérac, Henri enchaîne les liaisons jusqu'à sa rencontre avec Corisande, aristocrate béarnaise, lettrée, correspondante de Montaigne, et comme lui, révoltée par le fanatisme des catholiques. Elle avait fait le choix d'Henri de Bourbon, roi de Navarre, que les ligueurs catholiques combattaient. Mais elle espérait bien l'amener à quitter le protestantisme. 

Elle fut une alliée efficace, réunissant et armant 23 000 hommes sur ses terres pour qu'il portent secours à son bien-aimé qui répondait d'ailleurs à ses sentiments : "Mon coeur, aimez-moi toujours comme vôtre, car je vous aime comme mienne". 

Elle lui conseilla après la victoire décisive de Coutras, 1587, près de Périgueux, de ne pas poursuivre les hostilités contre Henri III et de faire rendre les honneurs funèbres aux compagnons du roi de France morts dans la bataille. Quelques mois plus tard, Henri III désigna le Béarnais comme son successeur, avant d'être assassiné.

Après une liaison de huit ans et en dépit d'une promesse de mariage écrite avec son sang, Henri IV laissa choir la fidèle et sage Corisande pour se consacrer à la charmante Gabrielle d'Estrées.

 

Gabrielle d'Estrées (1573-1599)

 

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Roger de Bellegarde, Grand écuyer de France, chevauchant avec Henri IV eut la légèreté de lui demander congé pour visiter sa maîtresse, Gabrielle d'Entrées. Emoustillé, le roi l'accompagna, fut saisi d'admiration et de désir, voulut en faire sa maîtresse ... Elle avait bien plus de goût pour son Roger que pour le vieux souverain de 40 ans. Elle céda en 1591, durant le siège de Chartres. Bellegarde et Gabrielle continuèrent leurs relations jusqu'au moment où Bellegarde comprit quel était son intérêt. Gabrielle se résigna. Elle n'était peut-être pas la pure jeune fille que célébra Voltaire dans La Henriade... mais la rumeur n'est pas tendre : ses tantes, les Babou de la Bourdaisière, avaient une réputation désastreuse : elles étaient surnommées "les sept péchés capitaux" ! 

Malgré tout, elle eut pour son royal amant un réel attachement et lui donna plusieurs enfants. Le roi passait beaucoup de temps avec elle et elle eut une influence politique, notamment lorsqu'elle s'entendit avec l'épouse d'un ligueur breton pour que celui-ci rende les armes; ce qui permit l’arrêt des combats puis la promulgation de l'Edit de Nantes. Comme le voulait désormais l'usage pour les favorites, elle devint duchesse, en 1597. 

 

Marié à Marguerite de Valois (la Reine Margot), Henri était si amoureux que Gabrielle l'engagea à se faire catholique pour que  le pape puisse casser son mariage. En février 1599, ordre est donné à l'ambassadeur de demander au pape l'annulation du mariage. 

Gabrielle prépare sa robe de mariée. Elle dit à ses intimes : "il n'y a plus que Dieu et la mort du roi pour m'empêcherer d'être reine de France". Le soir du mardi-gras, elle est prise de violentes douleurs abdominales. Le lendemain, les médecins diagnostiquent un accouchement prématuré. Le vendredi, elle perd conscience et meurt dans la nuit...

 

Henriette d'Entragues (1583-1633)

 

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 Trois mois plus tard, Henri IV se console dans les bras d'Henriette d'Entragues. Elle est la fille de Marie Touchet, maîtresse de Charles IX.

 Henriette est l'exacte contraire de Gabrielle, blonde et douce, sentimentale et molle. La brune Henriette est sensuelle, mordante, déterminée. Elle fera signer à Henri IV un document où il s'engage à l'épouser si elle lui donne un fils. Mais Henri épouse d'abord Marie de Médicis , la "grosse banquière".

 Les deux femmes sont fastueusement logées au Louvre. La préférence dur roi pour le fils qu'il a eu avec Henriette renforce la haine de la reine. Mais Henriette a aussi un caractère difficile, n'hésitant pas à lever la main sur le roi en présence de Sully qui a juste le temps de lui saisir le bras. Outrée de n'avoir pas été épousée, elle conspire avec l'Espagne, accompagnée de son père, de son demi-frère et du maréchal de Biron. Seul ce dernier sera exécuté. Et Henriette retrouvera son pouvoir. L'ambassadeur de Florence voyant les enfants d'Henriette, de Gabrielle et de la reine élevés ensemble aura ces mots:  "A-t-on jamais rien vu qui ressemble plus à un bordel que cette cour?"

Mais le temps passe, hélas! Et Henri se détache de sa maîtresse en 1609 pour courir vers d'autres amours. Henriette, de son côté, se consola avec d'autres amants...

 

 Charlotte de Montmorency (1594-1650)

 

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 Quarante années séparaient les 16 ans de Charlotte du vieux roi. La fille du connétable de Montmorency subjugua le roi qui la surprit répétant un ballet dans une galerie du Louvre. Il rompit les fiançailles de la jeune fille que le fiancé accepta bien volontiers, grâce à des compensations... Henri lui fit épouser un de ses neveux, un Condé dont il espérait que celui-ci se tiendrait éloigné de son épouse ! Mais ce dernier la veut pour lui seul et l'emmène dans les Flandres, alors espagnoles. Désespoir du roi. Une manœuvré destinée à enlever Charlotte échoue en janvier 1610. Henri songe à déclarer la guerre à l'Espagne, s'emparer de ses possessions et récupérer la belle... Mais le 14 mai, rue de la Ferronnerie, devant une échoppe à l'enseigne du cœur couronné percé d'une flèche, un certain Ravaillac met fin à la vie du roi et à ce projet de guerre, sentimental et démentiel. 

Charlotte sera la mère de la duchesse de Longueville, héroïne de la Fronde et de Louis, connu sous le nom du "Grand Condé".

 

 

 

 

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Louis XIV (1638-1715)

 

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Marie Mancini (1640-1715)

 

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Marie, avec ses trois soeurs, est une des "mazarinettes", nièces du cardinal de Mazarin, premier ministre de Louis XIV, qui les avait fait venir d'Italie pour les marier dignement.

Louis, encore ado, devient addict à Marie, la plus exaltée et la plus jolie des quatre soeurs, selon Saint-Simon. 

Mais l'oncle Mazarin a le sens de l'Etat et prévient tout mariage : il a en vue une alliance avec l'Espagne à la faveur d’un mariage avec Marie-Thérèse. Le jeune roi est effondré ; Marie aurait eu ces mots: "Sire, vous êtes le roi, vous m'aimez, vous pleurez et je pars" dont Racine se souviendra dans Bérénice, à propos d'une situation semblable - le Sénat interdit à Titus d'épouser Bérénice qui n'est pas romaine- : "Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez".

Elle ne reparut jamais à la cour, fut mariée à un noble italien et parcourut l'Europe pour le fuir. Elle mourut en 1715. 

Le roi eut la délicatesse de suivre son amoureuse dans l'au-delà quelques semaines plus tard.

 

Louise de La Vallière (1644-1710)

 

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Jolie, charmante, innocente, même cette mauvaise langue de Princesse Palatine lui rend hommage. Madame de Sévigné disait qu'elle était "la petite violette qui se cachait sous l'herbe".

Leur rencontre est liée à un stratagème adultérin.

Louis, marié à Marie-Thérèse, se sentait un fort penchant pour sa belle-soeur, Henrietted'Angleterre, mariée à Monsieur, frère du roi plus attiré par les garçons... Comme l'intrigue des deux amants commençait à faire jaser, ils imaginèrent de laisser penser que Louis était attiré par une jeune personne de la suite d'Henriette. Ladite personne, Louise, devint amoureuse du roi, voulut se protéger en allant se réfugier dans un couvent, Louis l'en fit sortir et une liaison de treize ans commença. En 1664, l'extraordinaire fête des " Plaisirs de l'Ile enchantée" sera donnée en son honneur à Versailles. 

Mais la marquise de Montespan est là, remarquée par Louis, qui se détache de la petite Louise, obligée sur ordre de paraître à Versailles, entourée des enfants reconnus et titrés par le roi. 

On vit alors "le spectacle nouveau de deux maîtresses à la fois. Il les promena aux frontières, aux camps, des moments aux armées, toutes deux dans le carrosse de la reine. Les peuples accourant de toutes parts, se montraient les trois reines..." (Saint Simon, Mémoires, XIII,3)

C'est seulement en 1673, après avoir supporté une cohabitation forcée de sept ans avec la Montespan qu'elle prendra le voile. La cérémonie réunit la Cour et la Palatine ( devenue la seconde épouse de Monsieur, frère du roi) écrit: "un frisson parcourut l'assemblée, beaucoup de personnes ne pouvaient se retenir de pleurer".

Et elle ajoute "le roi l'a oubliée comme s'il ne l'avait pas connue". 

Sœur Louise de la Miséricorde entre en pénitence pour les quarante-deux prochaines années de son existence.

 

 Madame de Montespan (1640-1707)

 

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Belle  "à faire admirer aux ambassadeurs", dit Madame de Sévigné, pour ne pas écrire qu'elle est canonissime et parfaitement maîtresse de toutes les techniques qui rendent le roi fou d'elle. Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart - plus connue sous la dénomination courte  de "La Montespan"-devient maîtresse en titre à vingt-six ans et le reste treize années même si des passades plus ou moins furtives partagent le lit royal.

Et pourtant... quand, jeune et innocente encore, elle s'aperçut que le roi avait des vues sur elle, elle demanda à son mari, dont elle était éprise, de la retirer de la cour et de l'emmener dans leur demeure de Guyenne. Le Montespan prit la situation à la légère. Il le regretta amèrement. Et il en tint rigueur à son épouse lorsque celle-ci fut chassée de Versailles.

 La marquise de Montespan a son caractère : impérieuse, régnant sur tout et tous, elle n'hésite pas à quereller le roi, qui aimerait parfois plus de tranquillité.

"La reine supportait avec peine sa hauteur avec elle, bien différente des ménagements continuels et des respects de la duchesse de La Vallière qu'elle aima toujours, au lieu que de celle-ci, il lui échappait souvent de dire: « Cette pute me fera mourir. » (Saint Simon, Mémoires XIII,1)

"La cour de Mme de Montespan devint le centre de la cour, des plaisirs, de la fortune, de l'espérance et de la terreur des ministres et des généraux d'armée, et l'humiliation de toute la France. Ce fut aussi le centre de l'esprit, et d'un tour si particulier, si délicat, si fin, mais toujours si naturel et si agréable, qu'il se faisait distinguer à son caractère unique" (Saint-Simon, Mémoires).

La Palatine l'accuse d'empoisonnements. L'affaire des Poisons emplit Versailles de rumeurs. Une chambre ardente est créée pour faire la lumière sur les messes noires, sacrifices d'enfants, actes de sorcellerie, poudres aphrodisiaques pour s'assurer le désir d'un amant ou « destinées à accélérer les successions ». 

On chuchote que Françoise de Montespan aurait été une habituée de ces séances organisées par La Voisin....

Peu à peu, le roi va se détacher de sa favorite qui va se trouver dans la situation vécue par Mlle de La Vallière jadis. En effet Mme de Montespan a présenté au roi une de ses dames, la veuve Scarron,  pour élever les bâtards royaux. Gavé de luxure, Louis se tourne vers la veuve qu'on célèbre davantage pour sa piété que pour sa beauté. 

En 1691, Françoise de Montespan reçoit officiellement son congé. Rejetée par son époux légitime, elle se retire au couvent, vit d'abord dans le luxe puis se laisse gagner par la dévotion, regrette sa vie de péchés, coud des chemises pour les pauvres  et se dépouille de ses biens. 

Le roi apprit sa mort avec la plus complète indifférence.

 

Avant de la quitter, il faut dire un mot de ses deux sœurs qui ont su séduire le roi dans une mesure qui nous reste inconnue. Précisons que la première est abbesse.

Ecoutons à nouveau Saint-Simon: « Mme de Fontevrault était celle des trois qui [... ] avait le plus [d'esprit]; c'était peut-être aussi la plus belle. Elle y joignait un savoir rare et fort étendu: elle savait bien la théologie et les Pères, elle était versée dans l'Écriture, elle possédait les langues savantes, […]. Elle excellait en tous genres d'écrire. Ses séjours à la cour, où elle ne sortait point de chez ses sœurs, ne donnèrent jamais d'atteinte à sa réputation que par l'étrange singularité de voir un tel habit partager une faveur de cette nature »

La troisième, Mme de Thianges dominait ses deux sœurs, et le roi même qu'elle amusait plus qu'elles. Tant qu'elle vécut, elle le domina, et conserva, même après l'expulsion de Mme de Montespan hors de la cour, les plus grandes privances et des distinctions uniques".

 

Mademoiselle de Fontanges (1661-1681)

 

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 Intelligente mais sans culture ni cet esprit de repartie brillant qui était la qualité majeure de la marquise, gaie, ambitieuse, la jolie et jeune Marie-Angélique de Fontanges l'aurait peut-être supplantée si elle n'était morte en couches -"au service du roi" a dit joliment et cruellement madame de Sévigné.

L'ambassadeur de Prusse note : « Mlle de Fontanges vint à la Cour dans l'année 1679, avec le dessein formé et les espérances fomentées même par ceux de sa famille, de faire du roi son amant ». La princesse Palatine décrit ainsi Angélique: « Belle comme un ange, avec un cœur excellent, mais sotte comme un panier ». 

 

Madame de Montespan présenta alors la fille d'honneur de la duchesse d'Orléans, âgée de dix-sept ans, au roi qui en avait quarante, espérant ainsi détourner Louis XIV de Madame de Maintenon. Elle pensait que le roi se lasserait vite de la jeune fille et, comme d'habitude,  lui reviendrait.

En effet, à l'automne 1679, le roi commence à se lasser d'Angélique de Fontanges, bien jolie mais si ennuyeuse.

En janvier 1680, elle accoucha prématurément d'un garçon mort-né. Elle ne s'en remettra pas. Madame de Sévigné écrit « On la soigne d'une perte de sang très opiniâtre et très désobligeante". Louis XIV n'aimant pas les femmes malades, se désintéresse tout à fait d'elle.

La Palatine précise : « La Montespan était un diable incarné; mais la Fontanges était bonne et simple, toutes deux étaient fort belles. La dernière est morte, dit-on, parce que la première l'a empoisonnée dans du lait; je ne sais si c'est vrai, mais ce que je sais bien, c'est que deux des gens de la Fontanges moururent, et on disait publiquement qu'ils avaient été empoisonnés ».

 

 

Madame de Maintenon (1635-1719)

Maintenon agée

 

Françoise d'Aubigné est petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, poète célèbre et protestant convaincu, compagnon d'armes d'Henri IV et fille d'un père qui laisse en mourant sa famille dans la misère quand Françoise a seize ans. Une de ses parentes la convertit au catholicisme et on lui fait épouser Scarron - qu'elle accepte malgré ses difformités -"il fallait choisir entre Scarron et le couvent" dira-t-elle, en ajoutant "le cœur n'y était pas pour grand-chose, et le corps pour rien du tout". Pendant huit ans, elle s'occupe de son paralytique bossu et impuissant...  On la dit prude, bien qu'elle ait parmi ses proches la sulfureuse Ninon de Lenclos et le libertin marquis de Villarceaux avec qui elle aurait eu une liaison.Notons bien qu'avant les portraits officiels qui la montre âgée , Françoise Scarron avait des charmes naturels.

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Leur maison dans le Marais reçoit les compagnons de débauche de Scarron mais aussi une société plus choisie qui se réunit autour de son épouse, qui se fait ainsi connaître de la cour.

A vingt-cinq ans, la voilà veuve et libre. On parle d'elle en bien et elle devient la gouvernante des bâtards royaux. Peu à peu, Louis XIV s'attache à celle qui lui parle si bien des enfants qu'il a eus avec la Montespan, les soigne et les protège. "Le roi a découvert un pays nouveau. L'amitié sans contrainte et sans chicane. Il en paraît charmé". 

 La veuve est toujours de l'avis du roi, le flatte, le repose de la terrible Montespan tout en se refusant à lui... Quand les enfants sont officiellement légitimés en 1674, elle loge à Versailles, achète le domaine de Maintenon avec le salaire de sa fonction de gouvernante et ne deviendra marquise de Maintenon que bien plus tard.

Soutenue par son confesseur, elle pense assumer une mission : ramener le roi sur le chemin de la vertu avec le parti dévot qui espère ainsi une moralisation de la vie privée du souverain.

Louis se tourne vers la religion pour assurer son salut puis l'épouse secrètement en octobre 1683, moins de trois mois après la mort de la reine. 

C'est Louvois qui avait conseillé au roi de garder ce mariage secret. Maintenon ne l'oubliera pas et le fera limoger, le moment venu.

Le roi vient travailler dans son appartement avec ses ministres. Rien ne lui échappe des affaires du royaume. Saint-Simon affirme qu'elle rencontrait les ministres avant le roi pour les conseiller sur ce qu'ils devaient dire. 

Versailles vécut la fin du règne dans la dévotion et l'ennui. La marquise n'est pas appréciée. La princesse Palatine l'appelle la truie, la guenon... et Saint Simon écrit que sa vie avec Scarron "lui avait rétréci l'esprit et avili le cœur et les sentiments". 

A la mort du roi, elle se retire à Saint Cyr, maison royale d'éducation qu'elle avait fondée pour les jeunes filles pauvres.

 

Louis XV (1710-1774)

 

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 Louis, adolescent à la santé fragile, préoccupe ses précepteurs. Il faut le marier sans tarder avec une fille vigoureuse et saine qui assurera rapidement la descendance royale. L'inquiétude des Français se manifeste par le surnom alors donné au jeune roi : "le Bien-aimé"

Il épouse donc à quinze ans Marie Leczinska, fille du roi détrôné de Pologne, qui en a vingt-deux. Le couple s'aime et il lui restera longtemps fidèle.

 

 

 Louise, Pauline et Marie-Anne de Nesle

 

les soeursLe marquis de Nesle est l'heureux (?) père de cinq filles dont trois furent les maîtresses du Bien-Aimé.

D'abord l'aînée, Louise, douce et discrète sans être vraiment jolie. 

 Sa sœur Pauline, vive et intelligente, lui succède en 1738 Leur fils ressemble tant au roi qu'il reçoit le surnom de "demi-Louis" ! Elle meurt en couches en 1741 et Louis se console d'un chagrin sincère avec la ravissante Marie-Anne, qui obtint le renvoi de Louise pour régner à son aise. Mais elle le fatiguait "pour mieux [le ] ressusciter" disait-elle. 

 En 1744, Louis tomba gravement malade, la population s'inquiéta; on conseilla au roi de se séparer d'une liaison scandaleuse; on pria; le roi guérit. Et Marie-Anne mourut d'une congestion pulmonaire en novembre sans avoir pu le reconquérir. 

 

 Madame de Pompadour (1721-1764)

 

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 Jeanne Antoinette Poisson n'a pas la naissance illustre des trois soeurs précédentes. Son père, financier compromis dans des affaires obscures s'est exilé; sa mère, jolie et légère, a pour amant un fermier général qui pourrait bien être le père biologique de la future favorite. Il lui donna une belle éducation et lui fit épouser son neveu Le Normant d'Etioles en la dotant grassement. Le mari aimait sa femme qui pensait toujours à cette prédiction faite par une cartomancienne quand elle avait neuf ans: "Vous serez la grande amie du roi".

Première et longue rencontre en février 1745, à l'occasion d'une fête donnée à Versailles qui se prolonge à l’Opéra de Paris. Le roi raccompagne Mme d'Etioles à l'aube. En juillet, la Poisson devient marquise de Pompadour ... et emménage à Versailles le mois suivant. Ses appartements sont reliés par un escalier secret à ceux du roi.

Elle régnera vingt ans,  accaparée par le souci de divertir ce roi tant aimé mais d'un tempérament mélancolique, s'attirant même les bonnes grâces de la reine, affrontant la haine du dauphin -qui l'appelle "maman putain"-, et celle des dévots et des conservateurs aristocrates, indignés qu'une femme du peuple soit élevée si haut. Elle crée le théâtre des petits appartements où les rôles sont tenus par les seigneurs et grandes dames de la cour. Un dîner sans cérémonial réunit les acteurs après le spectacle, où le roi se montre libre, débarrassé de sa timidité habituelle.

Amatrice de soupe de truffes, de chocolat et de champagne, Madame de Pompadour s’intéresse aussi aux nourritures de l’esprit. Elle prend la défense  des philosophes et s'attache Voltaire, Montesquieu..., elle favorise en 1751 la publication des deux premiers tomes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.  

Elle donne son nom à un style agréable, joli, sans la grandeur austère du beau, qui s'incarne dans la peinture (Van Loo, Vigée-Lebrun...) comme dans l'ameublement ( miroir, sofa, chaise) ou la mode vestimentaire.

En 1756, elle encourage la création de la Manufacture de porcelaine de Sèvres, favorise l’aménagement de la place Louis XV (l’actuelle place de la Concorde) et convainc le souverain de faire édifier le Petit Trianon. On lui prête une influence politique sur les affaires étrangères qui aurait été néfaste aux intérêts du pays. 

La reine et le Dauphin, pressent le roi de faire cesser cette relation adultérine notoire et finissent par le faire céder après de nombreuses années de résistance. Cependant, bien qu'elle cesse de partager l'intimité du roi, sa carrière connaît une nouvelle promotion : elle obtient en 1749 le privilège royal de loger dans le bel appartement au rez-de-chaussée du corps central du château de Versailles convoité par les filles du roi. 

En 1753, Louis XV achète l'hôtel d'Évreux (aujourd'hui, Palais de l’Élysée) et l'offre à son amie pour en faire sa résidence parisienne. 

De sa liaison avec le roi Louis XV, elle a eu trois fausses couches) entre 1746 et 1749 (accidentelles ou non, l'hypothèse d'avortements pour répondre au souhait du roi de ne pas avoir de bâtards n'étant pas exclue. Souffrant de troubles gynécologiques, elle cesse alors toute relation sexuelle avec le roi, et devient l'ordonnatrice de ses plaisirs pour éviter d'être remplacée par une autre favorite officielle, en organisant le Parc-aux-cerfs, où le roi peut se divertir avec des jeunes femmes soigneusement choisies par ses "recruteurs".

Ainsi, Madame de Pompadour reste toute puissante jusqu'à son décès, vaincue par la tuberculose et l'épuisement d'une vie en butte aux critiques incessantes.

Ne pouvant, selon l’étiquette, assister à ses funérailles, le roi, en pleurs, regarda, de sa fenêtre, le convoi funèbre s'éloigner.

 

 Madame du Barry (1743-1793)

 

du barry

 Le duc de Richelieu, grand amateur de jeunes femmes et "recruteur" du roi, présente à Louis XV une demoiselle de petite vertu, Jeanne Bécu -belle évidemment, vingt ans- dont la mère avait eu des rapports étroits avec un moine... Celle-ci se maria néanmoins avec un fonctionnaire et la fille eut une bonne éducation au couvent de Sainte-Anne à Paris. D'abord lectrice, elle perdit sa place quand la maîtresse de maison s'aperçut que la lectrice s'occupait trop ardemment de son fils. Devenue vendeuse dans un magasin de mode, elle est enlevée par le comte du Barry qui  l'installe rue Jussienne où elle reçoit seigneurs en place et écrivains célèbres, Richelieu, Crébillon ... 

Le comte se laisse persuadé par Richelieu qu'une grande carrière peut s'ouvrir pour la petite Bécu. Etant déjà marié, il la fait épouser par son frère, Guillaume du Barry. 

Le roi est fou de sa nouvelle maîtresse que la cour méprise pour sa basse extraction. Choiseul, le premier ministre ose conseiller au roi de rompre et s'entend répondre : "Elle est très jolie, elle me plaît, cela doit suffire". Comme Choiseul est favorable aux philosophes, elle est soutenu par leurs ennemis du parti dévot! En novembre 1770, Choiseul est destitué soudainement et doit se retirer dans ses terres de Touraine où, bravant le roi et sa compagne,  viennent le visiter les Grands de la cour. 

 

Cette année-là, Marie-Antoinette arrive à la cour pour épouser le Dauphin. Comme c'est Choiseul qui a arrangé son mariage, elle déteste immédiatement la comtesse ex-Bécu, déjà méprisée par Mesdames, filles de Louis XV. Malgré tout, sa gentillesse et son désintéressement lui valent quelques amis, dont  Voltaire. 

 

Dès la mort du roi le 10 mai 1774, Madame du Barry quitte Versailles. Une lettre de cachet prescrit son enferment dans l'abbaye de Pont-aux-Dames. Mais les religieuses apprennent à connaître l'ancienne favorite et s'efforcent d'adoucir son sort. Louis XVI la fera libérer en juin 1775, contre l'avis de Marie-Antoinette. Il lui rend Louveciennes où elle reçoit de nombreux amis. Même l'empereur d'Autriche, Joseph II, frère de la reine vient la visiter, incognito.

 

Pendant la Révolution, des libelles l'accusent des pires maux. Après un séjour à Londres, négligeant les conseils de ses amis et du ministre William Pitt, elle revient en France et est arrêtée  -malgré l'appui des habitants de Louveciennes- en septembre 93 à l'instigation d'un ancien serviteur qu'elle avait congédié pour vol. 

A la Conciergerie, on lui propose un plan pour s'échapper: elle laisse sa place à une autre détenue. Le 7 décembre 1793 l'accusateur public Fouquier-Tinville réclame la peine de mort. Elle sera décapitée le lendemain.

 

 Louis XVIII (1755-1824)

L18

 

 

 

 

 

 

 

Zoé Talon, marquise du Cayla (1785- 1852)

Zoé copie

 

Le père de Zoé, le marquis Omer Talon (Omer Talon !) appartient à la noblesse de robe ; et bien que fervent royaliste par devers lui, il est chargé, pendant la Révolution, de juger le marquis de Favras dans une affaire maladroitement menée de complot, destiné à faire s'échapper Louis XVI. 

On chuchote dans Paris que le comte de Provence, frère de Louis XVI, est à la tête de cette affaire, ce que ce dernier nie farouchement et ouvertement devant les conseillers de l'Hôtel de Ville. 

Favras est outré et entend bien faire savoir qu'il n'est pas le seul responsable. Il a d'ailleurs rédigé un mémoire où il dévoile les responsabilités de chacun.

Omer obtient de récupérer le document. Favras sera exécuté sans avoir parlé. 

Devenu Louis XVIII, le comte de Provence saura se montrer généreux avec la veuve et les enfants du condamné... et la petite Zoé, dont le père garde jalousement ledit document,  ne sait pas encore qu'elle détient là un carton d'invitation à la cour du futur roi...

Omer, est inquiété au moment de la fuite du roi à Varennes, mais il réussit à rejoindre l'Angleterre d'où, mission par le comte de Provence, il rejoint les Etats-Unis auprès de George Washington. Il en profitera pour s'enrichir dans la spéculation des terres destinées aux immigrants.

Quant à Zoé, sa mère qui vit modestement à Paris réussit à la faire entrer dans un pensionnat dirigé par Madame Campan, ancienne première femme de chambre de Marie-Antoinette, femme aux talents reconnus, intelligente et dévouée.

 Elle y aura comme camarades de classe quelques gamines au destin prestigieux :  Laure Permon, future épouse du maréchal Junot et duchesse d'Abrantès, Hortense de Beauharnais, future reine de Hollande, Pauline Bonaparte, future princesse Borghèse et sa sœur Caroline, future reine de Naples... 

Elle aura une éducation exemplaire mêlant les mathématiques, la physique, l'anglais, l'italien au piano et à la danse... Mme Campan met un accent particulier sur cet art de la conversation si naturel à Versailles mais qu'il faut désormais apprendre et cultiver. 

En 1802, Omer Talon, considéré comme un émigré, est autorisé à revenir en France. Il en profite pour trouver un mari à Zoé, le duc du Cayla, qui se révèle colérique et brutal. Le pauvre Omer sera à nouveau exilé pour ne pas avoir donné à la police impériale ces fameux documents Favras qui permettraient de jeter le discrédit sur le comte de Provence.

De son côté, Zoé a une fille -l'identité du père reste douteuse- puis un garçon qui ressemble fortement à son père...le général Savary, ministre de la police de Napoléon.

Les années passent. Et Louis XVIII succède à l'empereur, tandis que le mari de Zoé s'acharne à croquer la fortune de sa femme. Des procès commencent entre les époux. Le roi accorde une entrevue à Zoé.  Celle-ci, très émue, renverse un guéridon, les feuilles de son dossier se répandent au sol; Zoé se penche ( a-t-on précisé qu'elle est brune, a un sourire ravissant et un "très plaisant décolleté"? – selon l’historien J. des Cars), elle  tente de les ordonner et entend Louis XVIII dire :" Continuez, Madame, le charme de votre voix s'ajoutera à celui de vous voir".

Bref, la tradition royale, immémoriale, n'est pas oubliée : les affaires de Zoé du Cayla s'arrangent par miracle, séparation de corps et de bien, restitution par le mari de la dot... On ajoutera des cadeaux divers, jusqu'au don du domaine et du château de saint-Ouen. Une relation de sept ans va commencer qui verra le roi réclamer la présence quotidienne de Zoé. Il est fou passionné... Zoé lui témoigne de la tendresse... 

On se demande à quels jeux pouvait se divertir le couple étant donné la santé vacillante du roi qui ne tardera pas à être cloué sur un fauteuil roulant. Les mauvaises langues en rajoutent : on dit que le roi pose son tabac  à priser  sur les fesses de sa bien-aimée. Le ministre Vitrolles a un avis différent:  "Le roi prenait dans sa tabatière une pincée de tabac qu'il déposait sur les seins de sa favorite comme il aurait fait dans le coeur d'une rose". 

 

 

 

 

Zoé

 

"L'égérie des Ultras", comme on la surnomme, favorise le parti ultra-royaliste dont Charles X continuera la politique autoritaire qui mènera à la révolution de 1830. 

Après la mort du roi, elle s'occupera de la manufacture des Gobelins et s'éteindra dans son château de Saint-Ouen.

 

Ainsi disparaît la « tabatière royale » -si prisée à la cour !- considérée comme la dernière des favorites royales.

 

 

 

 

 

Sources

     -  Armel de Wismes : Les grandes favorites royales, Artaud

  • - Saint-Simon : Mémoires , "Cette pute me fera mourir", Intrigues et passions à la cour de Louis XIV, éd. Livre de poche
  • - Wikipedia
  • - Jean des Cars: La saga des favorites, Perrin, 2013

 - [http://www.chateauversailles.fr/decouvrir/histoire/madame-pompadour].

  • - Simone Bertière : Les femmes du Roi-Soleil, éd. de Fallois, 1998