17 Femmes du 1er mai 1891 à Fourmies

 

0 Fourmies 1 mai 1891

 


Le 1ermai 1891, la manifestation ouvrière de Fourmies (Nord) se termine dans le sang : en quelques instants, neuf morts, trente-cinq blessés sont atteints par les balles des soldats. 

 La revendication essentielle du 1ermai est le droit à la journée de travail de huit heures au lieu des douze heures quotidiennes pratiquées dans les filatures de la région. Le patronat  répond d’avance par cette affiche :1600px-Musée_fourmies_avis_travail_1_mai

 

 

 


 

 

 

Dès le matin des accrochages ont lieu entre les gendarmes et des ouvriers des piquets de grève.Des compagnies de régiment d’infanterie sont appelées en renfort.

L’après-midi, cependant tout le monde se prépare à la fête sur la place : un spectacle a été prévu dans la salle du théâtre municipal et un bal doit conclure la journée qui doit être festive et se dérouler dans le calme comme le recommande un tract du Parti Ouvrier. 

Mais les arrestations se multipliant, le théâtre est fermé et la situation se tend.

 

Lieu de la fusillade. Place de Fourmies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En fin d’après-midi, 200 manifestants sont face à 300 à soldats. Cailloux d’un côté, balles de 8mm de l’autre. Premier tir en l’air. Deuxième tir à bout portant. Il est 18 h 25. 

Le massacre de Fourmies est accompli. 

Quatre jeunes femmes tombent. « Maria Blondeau […] ouvrière à la filature, ouvrait le cortège avec sa compagne Louise Hublet, 20 ans, portant toutes deux des bouquets d’aubépines. Juste derrière elles, l’ami de Maria, Kléber Giloteaux, portait un drapeau français endeuillé d’une cravate noire. Tous trois furent tués par les soldats mobilisés en force et armés du nouveau fusil Lebel (1) ; sept autres personnes connurent le même sort, manifestants ou simples badauds ». <http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article210485.

 

Le_lieu_de_la_fusillade Wikipedia

 

800px-Le_petit_Parisien

Dans les semaines qui suivent, plusieurs manifestants seront condamnés à l’emprisonnement, dont le représentant du Parti ouvrier (six ans de travaux forcés).

 

 (1)                Le nouveau fusil Lebel qui fait merveille contre des civils sans armes a peut-être été trop utilisé dans cette fonction, puisque, quand commence la première guerre mondiale, 300 000 de ces fusils sont en très mauvais état. A tel point que les soldats d’Afrique du Nord se voient retirer ces armes pour qu’elles équipent les troupes combattantes <  http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/uniforme-armes.htm

 

Note sur le 1er mai

Le premier mai, c'est aussi le jour des revendications. Née en 1881, la Fédération américaine du Travail (A.F.L.), adopte la motion, lors du Congrès de Chicago d'octobre 1884, qu'à partir du 1er Mai de l'année 1886, la journée de 8 heures constituera la durée légale de la journée de travail et recommande aux organisations syndicales de faire promulguer des lois conformes à cette résolution.

En 1886, plus de 5.000 grèves eurent lieu et le 1er mai, à Milwaukee, au nord de Chicago, des policiers accueillis par des jets de pierres tirent, faisant 9 morts. Le 3 mai, 3 autres manifestants sont tués. Le 4 mai, une bombe explose, faisant 7 morts parmi les forces de l'ordre. 8 militants seront condamnés à mort, sans preuve; 3 seront graciés.

En juillet 1889, le Congrès socialiste international décide que dans tous les pays il sera organisé une grande manifestation à date fixe dans le but de réduire légalement à 8 heures la journée de travail. On vota donc ceci : "Attendu qu'une semblable manifestation a déjà été décidée pour le 1er Mai 1890 par L'American Federation of Labour, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale.< http://alain.delfosse.pagesperso-orange.fr/html/fourmies.htm"

 

Les revendications du 1er mai

1 mai 1906

 

 

 

 

 Le 23 avril 1919 , sur proposition du gouvernement Clemenceau qui               craint une grève générale, le Sénat français ratifie la loi des huit heures et fait du 1er mai 1919 une journée chômée. L'Organisation internationale du travail fondée en 1919 s'inspire de cette loi pour sa convention n° 1 sur la durée du travail. >Wikipedia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une chanson de René Esse ( paroles) et Gaston Maquis (musique) rend hommage aux victimes et met en scène Maria Blondeau et son fiancé,  Kléber Giloteaux.

 

Les fiancés du Nord

– 1 –
Ils étaient du même village
Ils s’aimaient tous deux tendrement

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De s’unir par le mariage
Tous deux s’étaient fait le serment
Le gars, travailleur énergique,
Comme son père était mineur
Elle, ouvrière de fabrique,
Pour tout bien n’avait que l’honneur.
Elle était jeune et belle
Il était grand et fort
Chacun se les rappelle
Les fiancés du Nord (bis)

– 2 –
Quand ils passaient devant l’église
Tous les deux relevaient leur front
Lui, murmurait à sa promise :
C’est là que nous nous marierons
Si tu veux, Pierre, ajoutait-elle
Ce sera pour le mois de mai
Mois où la nature est si belle
Où tout dans l’air est embaumé.

Si tu veux, disait Pierre,
En l’embrassant bien fort
Qu’ils étaient beaux, naguère,
Les fiancés du Nord.                                                                      L
– 3 –                                                                                                                  

Avril vit la fin de leur rêve.                                  

Adieu, les beaux jours sont finis
Voici, soudain, qu’un vent de grève
A soufflé sur tout le pays
L’homme, l’enfant, même la femme,
Fatigués de trop durs labeurs
S’arrêtent et chacun réclame
Les justes droits des travailleurs

Dans ces jours de tristesse
Que leur importe l’or ?
L’amour est la richesse
Des fiancés du Nord.

– 4 –
Il rayonnait comme une aurore
Le premier jour du mois des fleurs
Ce jour où la France déplore
Le plus grand de tous les malheurs
Devant l’église, dans la foule,
Ils étaient dans les premiers rangs !
La poudre parle, le sang coule
Et tous deux tombent en expirant.

Oh! sinistre hécatombe
Que chacun pleure encor
Les voilà dans la tombe
Les fiancés du Nord.

– 5 –
Le lendemain, la foule entière
Suivant les parents en grand deuil                                        
Accompagnait au cimetière
Ceux qu’avait unis le cercueil
Les pinsons à la voix sonore
Roucoulaient des sons éclatants
Et partout on voyait éclore
Les premières fleurs du printemps !

Elle était jeune et belle
Il était grand et fort
Chacun se les rappelle
Les fiancés du Nord.

Paroles : René Esse
Musique : Gaston Maquis

                                                     

  Sources : 

 Jean-Louis D* 

http://lartesien.canalblog.com/archives/2018/05/02/36365045.html

Danielle TARTAKOWSKY:

« 1er mai 1891 : la fusillade de Fourmies », Histoire par l'image .