(1)           1971 : Le Manifeste des 343 "salopes"

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Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur publie un manifeste en faveur de l’avortement, signé par 343 femmes dont de nombreuses célébrités.

Le manifeste commence ainsi :

 « Un million de femmes se font avorter chaque année en France.

Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples.
On fait le silence sur ces millions de femmes.


Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté…»

 

CharlieHebdo1971_343Salopes

Ces femmes qui viennent de s’engager publiquement risquent des peines d’emprisonnement.

 La semaine suivante une caricature en couverture de Charlie-Hebdo titre « Qui a engrossé les 343 salopes ? et le premier ministre de l’époque, Michel Debré, répond : « C’était pour la France »

Le terme est resté ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1972, a lieu le procès de Bobigny: Marie-Claire, 17 ans, a été violée par un de ses camarades. Lorsqu’elle découvre sa grossesse, elle demande l’aide de sa mère qui contacte une « faiseuse d’anges » qui procède à l’avortement. 

Marie-Claire est dénoncée par son violeur, impliqué dans un vol et qui espère alléger sa peine.

 

Marie-Claire et les personnes incriminées sont défendues par maître Gisèle Halimi, grande figure de la lutte pour le droit des femmes. 

La jeune fille est acquittée, les autres protagonistes ont des peines avec sursis. 

 Le retentissement du manifeste et du  procès sont tels que le ministère de la Justice demandera la suspension des poursuites dans ce genre d’affaires.

 Et le 17 janvier 1975, la loi sur l’interruption volontaire de grossesse -dite Loi Veil- sera votée après des débats houleux.

 Mais le cours de l’Histoire suit rarement un cours ascendant.

 Les opposants à l’IVG sont actifs. Des manifestations ont eu lieu, devant des cliniques ou des hôpitaux pratiquant l’IVG, visant à culpabiliser les femmes et les gynécologues. 

 Dans certaines régions, les médecins mettent en avant la clause de conscience. C’est le cas de la Sarthe où 3 spécialistes sur 4 refusent d’intervenir.

 Le pape François le 10 octobre 2018 a comparé l’avortement au « recours à un tueur ».